
Le Diable se targue de te connaître.
Il t'aurait, selon lui, un soir fait renaître
Entre la mare aux fées et le vieux chêne,
Sur un épais tapis d'aiguilles et de lichen.
Enfant sortie du ventre de sa mère,
Vomie, nue, des entrailles de la Terre,
Tu es seule et perdue, petit animal
Dans un monde au crépuscule bien pâle.
Tu hurles ton désespoir, mais personne ne t'entend.
La meute t'a abandonnée sous un ciel indécent.
Ta souffrance se heurte à un monde résolument
Accaparé et obsédé par ses propres tourments.
Seule la lune semble te sourire,
Ton désoeuvrement paraît l'attendrir.
Pourtant, elle n'est qu'un témoin inutile,
Présence rassurante et immobile.
Et quand tu avances ta main vers elle,
Une lueur brille dans sa prunelle,
Une larme qu'elle retient par pudeur
Au plus profond de son regard songeur.
Derniers Commentaires