Toujours avec pour toile de fond, cette étrange attirance pour le Diable,
j'ai écrit ce poème, par ailleurs très long, sous forme de conte.
Un conte qui dénonce la routine, qui trop souvent s'installe dans nos vies.

Un jour, la danseuse épousa l'ange,
Déposant ses chaussons dans la grange,
Oubliant son tutu dans un placard,
Pensant ne plus y poser le regard.
La ballerine ne danserait plus
Sur aucune symphonie suraigüe
Ni aucune valse de Vienne.
Elle oublierait la musicienne.
Assise avec son ange au coin du feu,
Sa vie passait, sans plus aucun enjeu.
Mais parfois, ses grands yeux semblaient chercher
Ce qu'un jour, elle avait si bien oublié.
Longtemps plus vaillante que son désir,
Elle nourrissait son ange de soupirs,
Buvant l'eau claire de ses paroles
En s'inventant mille farandoles.
Mais un matin, que l'ange était absent,
Que la danseuse, bien honnêtement
Vaquait sagement à ses affaires,
Le Diable apparut dans le repaire.
Il était si charmant et envoûtant !
La belle ne put plus faire semblant.
Voulant lui plaire et le séduire,
Elle désirait danser, plus que fuire.
La demoiselle sortit ses trésors
Et les revêtit sans aucun remords,
Releva ses cheveux en un chignon,
Sa nuque trahissant son émotion.
Acceptant que le Diable l'emporte,
Elle dansa tant et de telle sorte
Qu'elle le crut vaincu, ensorcelé,
et bien assez fou pour la libérer.
La danseuse hier si farouche,
Espérant que le démon la touche,
Une fois le spectacle terminé
Se jeta sans pudeur à ses pieds.
Mais celui-ci, repu et bien nourri
Repoussant la pauvrette irréfléchie,
N'ayant pour elle qu'un regard assouvi,
Ne lui laissa que quelques mots fleuris.

Méditez là-dessus, très chèrs amis.
Préférez-vous une vie morne et ennuyeuse, mais douillette et sécurisante,
ou une existence risquée mais tellement plus excitante ?
Ou... excitante, mais tellement plus risquée...
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