Le feu s'élevait en une danse cruelle
Offrant à mes yeux un spectacle fievreux,
Sa chanson brisant le charme silencieux
D'une forêt baignée d'un parfum sensuel.
Allongée sur la souche d'un arbre blessé,
N'espérant plus rien pour mon esprit tourmenté,
J'offrais sans détour, mon âme et mon corps sans vie
Aux flammes me dévorant d'un bon appétit.
Mes yeux cherchaient des étoiles de porcelaine
Mais le ciel embrasé câchait ses trésors
Dans un nuage rouge, chargé de remords.
Alors je m'endormai, terrassée mais sereine.
C'est alors qu'elle apparut, d'abord évaporée,
Silhouette floue, échappée du brasier,
Flottant dans un voile de désinvolture,
Et mon corps et mon âme oubliaient leurs blessures.
Drappée d'un linge de soie immaculé,
Laissant entrevoir ses formes viriles,
Elle se dévoilait, comme un matin d'avril
Et penchait sur moi son étrange beauté.
M'abandonnant à sa douce délivrance,
Je la laissait embrasser ma peau frémissante
Me donnant tout entière et consentante
A ses caresses brûlantes et obsédantes.
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