Vendredi 4 avril 2008
Tu ressemble aux saisons.
Sans avoir été le printemps, avec moi tu fus aussitôt l'été.
Sans prendre le temps de te parer de bourgeons, tu fus tout de suite magnifique, ne faisant rien à moitié, ne laissant rien de côté.
On se prépare à l'été avec l'arrivée du printemps. Moi, je n'ai guère vu venir les choses.
C'est comme si des fleurs avaient poussé partout autour de moi, jusqu'à ce que je succombe au désir de m'allonger sur ce matelas qu'elles m'offraient.
Tes bras étaient ces fleurs et j'ai fini par m'y blottir.
Mais trop vite est arrivé l'automne, et malgré sa beauté, on la regarde toujours avec une certaine nostalgie, un brin de tristesse.
Et les fleurs sous mon corps douillètement allongé, ont bien vite fâné !
Tu es l'arbre qui, trop empressé hier de se parer de son plus beau feuillage, le perd aujourd'hui prématurément.
Et je me sens bien seule au milieu de tes branches dénudées. J'ai froid.
Et j'ai peur, parce qu'avant que l'été ne revienne, il y aura l'hiver et son cortège d'intempéries.
Qu'en sera t-il alors ? Feras-tu souffler sur moi le vent glacial de ta tristesse ?
Le 23 mai 1996


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