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  • : Le blog de geraldine
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  • : Mais non, vous ne rêvez pas... mon blog s'appelait précédemment gegekaro, mais j'ai du tout refaire car j'avais perdu pas mal de données... Rêver, c'est l'espoir, mais aussi parfois le désespoir. On essaiera de l'oublier celui-là...Il y a les rêves d'avenir, ceux qui font appel aux souvenirs, regrettés ou nostalgiques. Je m'efforce toujours de ne pas regretter. Bref, de rêves bien terre-à-terre. Mais il y a aussi ceux qu'on fait tout éveillé, parce que l'on est un rêveur compulsif, enfoncé bi
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Rêves utopiques

Les phobies des autres

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1984 (suite et fin)

Mardi 1 avril 2008

Puis un jour, elle fait LA mauvaise rencontre...

 

Ca fait une semaine maintenant qu'elle est loin de chez elle. Elle a appelé sa mère une fois, juste pour la rassurer et lui dire qu'elle allait bien.
Ca fait deux jours que Bob a disparu. Elle entend dire par de brèves connaissances, qu'on l'a vu trainer à tel ou tel endroit, qu'on l'a vu faire la manche, qu'on l'a vu revendre des bagues en échange d'une barrette de shit... ses soupçons étaient donc fondés. Elle le savait. Elle savait qu'il avait replongé. Mais de là à la voler pour ça, elle ne l'aurait pas cru.
Elle ne regrette vraiment pas qu'il soit parti.

Mais voilà, un jour, elle fait LA mauvaise rencontre. Il s'appelle Pascal. Il a dix huit, vit en foyer depuis son plus jeune âge et a tout un tas d'histoires trépidantes à raconter. Des hisoires qui lui sont arrivées. Des histoires de "mauvais garçon".
Il a toujours un tas de monde autour de lui pour écouter ses récits. Des jeunes ados, comme elle, paumés comme elle, sortis de nulle part ou d'ailleurs, comme elle.
Et pour elle, ce garçon a quelque chose de magique, d'envoûtant, de fascinant.
C'est un garçon comme elle n'en a jamais rencontré dans sa campagne.
C'est un "mauvais garçon"...
Il a une allure baba, ses cheveux chataing-clairs mi-long et un regard...
C'est CE regard qui la fait basculer.


Il joue le jeu de la séduction et elle se laisse prendre sans lutter.
Il est charmant, plein d'attentions et très prévenant.
Mais c'est le Diable ! Et elle, le petit agneau qui vient à peine de naître.
La jeune "vierge" à sacrifier sur l'autel.
Mais il faut d'abord tester la marchandise...
Ce qu'il fera, lui faisant croire monts et merveilles. Et pour elle, monts et merveilles, c'est qu'il est tombé amoureux d'elle dès qu'il l'a vue.
Ca lui suffit, c'est tout ce qu'elle a besoin d'entendre pour se laisser piéger.
 Et le Diable la mène aux Enfers, mais elle ne le sait pas encore.

Il l'a traîne dans le studio d'un de ses soit-disant amis homo.
La soirée commence gentiment et Pascal commence à l'entreprendre. Elle est comme hypnotisée et malgré son manque total d'expérience, malgré sa pudeur habituelle, elle se laisse aller sous les caresses de cet amoureux étrange, sous le regard de l'autre garçon, qui observe de loin.
D'abord sur le tapis du salon, et un peu plus tard, dans la baignoire.
Elle ne sait pas ce qu'elle ressent. Elle n'a pas perdu de sang, la première fois avec Bob, et cette fois, elle n'en perd pas non plus. Mais elle ne ressent ni plaisir, ni douleur. Juste le plaisir d'être embrassée et caressée par ce Diable qu'elle ignore.

Le lendemain, elle passe la journée avec Pascal. Il l'a nourrie, comme il l'a déjà fait la veille, la protège et l'entoure de ses bras. Et elle se croit en sécurité. Elle est persuadée qu'avec lui, rien ne pourra jamais lui arriver de mal.
Pourtant la veille au soir, ce n'était pas l'Enfer. Juste le chemin qui y menait.
Et la porte de l'Enfer, c'est celle d'un grand appartement bourgeois, pas loin de celui qu'habite alors Serge Gainsbourg.
Et Pascal, en parfait "gentleman", la présente au maître de maison, un certain Alain, encore un soit-disant ami. Et aussitôt, elle ne l'aime pas. Il ne lui inspire pas confiance, sans qu'elle sâche dire pouraquoi. Mais si Pascal dit que c'est un ami, alors...
Ils s'assoient, boivent un peu, discutent, rient. Et Pascal recommence son manège de la veille. Toujours sous le regard de l'autre...
Puis, elle va prendre une douche, mais quand elle revient dans la chambre, Pascal s'est endormi à une extrémité du lit immense, et l'autre, Alain, est à l'autre extrémité.
"-Viens te coucher entre nous" Lui dit-il.
A contre-coeur, elle s'éxécute mais se colle aussitôt à Pascal.
Le dernier souvenir qu'elle gardera de cette nuit, c'est une main qui prend la sienne, mais ça n'est pas une des mains de Pascal. Elle appartient à l'autre.
Et soudain, sous sa main à elle, elle sent quelque chose de dur, qui durcit encore sous la chaleur de sa peau. Elle est effrayée. Elle tente de réveiller Pascal, mais rien n'y fait.
De cette nuit là, c'est le dernier souvenir qu'elle aura.

                    


Pourtant, le lendemain matin, au départ de l'antre de la bête, elle ne manque pas de voir le dénommé Alain, remettre une liasse de billets comme elle n'en a jamais vue, à Pascal.
Elle lui demande pour quelle raison cet homme lui donne autant d'argent, mais il reste évasif.
Il est soudain beaucoup moins prévenant, quelque peu distant.
Alors, elle lui raconte ce dont elle se souvient de cette nuit. Et il lui répond gentiment qu'elle se fait sûrement des idées.
Elle sait bien que non. Mais elle est amoureuse, ensorcelée, et elle n'insiste pas.

Pascal la laisse ce matin là, prétextant qu'il doit faire acte de présence dans son foyer. Alors, elle va errer une bonne partie de la journée.
Et c'est en fin d'après-midi, alors qu'elle fait la manche, que des policiers en civil lui demandent ses papiers. Elle répond qu'elle ne les a pas sur elle. Alors un des policiers lui demande de les accompagner au poste afin qu'elle décline son identité.
Elle se dit que ce n'est pas grave, qu'elle va leur mentir.
Mais quand elle entre dans le commissariat du XIVème arrondissement, elle passe devant Bob, assis à un bureau avec un policier, toutes les photos d'elle alignées sur la table. Ils n'échangent pas un mot, mais elle a compris. C'est fini. L'escapade Parisienne s'achève ici.

L'enquêteur qui la reçoit lui annonce que ses parents attendent à côté, qu'elle et Bob étaient bien-entendu recherchés depuis 10 jours, qu'il y a eu une campagne d'affichage, que ses parents, pourtant très rationnels, sont allés voir un médium etc...
Il ne lui fait pas la moral, il essaye juste de lui faire comprendre qu'elle s'est mise en danger. Lui et ses collègues ont appris par Bob, qu'elle avait fréquenté un certain Pascal. Sur le moment, elle est en colère, elle en veut terriblement à Bob. De quoi se mêle t-il ?
Mais le policier lui explique que le Pascal en question est recherché pour proxénétisme aggravé. Il devra d'ailleurs lui donner la définition des mots proxénétisme, tapin, mac. Des mots qu'elle n'a jamais eu à son vocabulaire. Bien-sûr, sur le moment, elle n'y croit pas, mais elle repense aux billets glissés le matin même dans la main de Pascal.
Malgré tout, elle ne leur dira rien, ni cette histoire de liasse, ni où trouver celui qui éxerce encore sur elle un certain pouvoir.

Elle retrouve ses parents. Son père a une mine déconfite. Il est pâle, pas rasé, l'air fatigué. Et sa mère a les yeux gonflés, trop gonflés.

Elle croise à nouveau Bob, qui lui aussi est entouré de ses parents.
Elle lui sourit.
Et chacun repart de son côté avec sa famille.

Elle ne reverra pas Bob, qui fera une nouvelle fugue, quelques semaines plus tard, et sera de nouveau retrouvé, sain et sauf, mais après quelques dégâts physiques et morals.

Elle reverra Pascal une fois, puis l'oubliera.


Après cet épisode douloureux de son adolescence, à sa demande, elle passera deux années dans un internat catholique.


La morale, ou plutôt la conclusion, c'est qu'à 15 ans, quand on est préparé à rien, on se sent invulnérable, sous une protection divine. Mais en réalité, on se ment à soi-même. On est encore un enfant. On ne connaît rien aux pièges de la vie, de la ville, de la foule. On ne connaît rien à la méfiance. Et quand on est perdu, désoeuvré, torturé, on a besoin de faire confiance. Cette histoire peut être celle de tout le monde.
Mais attention aux diables qui se cachent sous des costumes d'ange.

Merveilleuse nuit mes amis



Ainsi s'achève 1984
Par geraldine
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