C'est là que je viens de passer deux ans de ma vie de "travailleuse".
Deux années merveilleuses, avec des chieuses ou des rieuses...
Bref, pas trop envie de jouer avec les mots ce soir.
C'était ma p'tite radio...
J'y suis arrivée par hasard, comme un cheveux sur la soupe.
Jamais fait de radio, jamais travaillé avec des ados,
même si j'en avais déjà sur le dos...
Non, j'ai dit que je ne jouais pas avec les mots,
parce que ce soir, c'est plutôt de maux qu'il est question.
Donc, j'ai été parachutée là le 13 mars 2006, dans cette petite radio FM, qui émet à 30 kms autour de Melun, après avoir travaillé
avec et pour des chiens et chats en detresse.
Mon job ?
Eh bien, animer le "local" radio,
gérer, enregistrer, monter, découpper les émissions...

Ca, c'est la partie studio de ma p'tite radio.
C'est là que mes animateurs, en boutons ou en fleurs
(de la 6ème à la 3ème), enregistraient leurs émissions,
souvent sur des sujets libres, parfois sur des thèmes imposés.
J'ai souvent rit, été émue, bouleversée ou même inquiétée
par certains de leurs propos.

Ca, c'est mon aquarium, autrement dit la régie, d'où je pouvais voir
et faire parfois des grands signes à mes animateurs quand ils se
perdaient en palabre ou faisaient des lapsus...
Mon casque de "technicienne", de "régisseuse" ou
d'"animatrice" sur les oreilles (on m'a même parfois appelée "la
prof de radio" ou "la dame de la radio"), j'écoutais leurs récits,
intimes, palpitants, bouleversants ou drôles.
Et quand ils me demandaient d'envoyer la musique, la plupart du temps,
je baissais le casque sur mes épaules parce que le rap... pas trop ma tasse de thé.
Bien que même ça, j'ai appris à m'y faire et même à apprécier certains raps.
C'est d'ailleurs là que j'ai découvert Diam's, qui au-delà de la rappeuse,
écrit des textes touchants, remplis de sensibilté.
Bref, ça, c'était mon coin, mon boulot :
les enregistrer, les conseiller parfois sur le contenu de leur émission,
et retoucher si nécéssaire...
Et ça, bah, c'était ma bulle jusqu'à tout-à-l'heure...
Et ma bulle, c'est ce qu'il y avait de plus précieux.
Dans ma bulle, on ne s'ennuyait jamais :
De confidences en éclats de rire,
Des éclats de larmes aux éclats de voix...
Ce sont mes Capucines et mes Capucins.
Bien-sur, les bons moments ne sont pas terminés,
ils seront juste un peu plus espacés.
Pleure pas petite roukine,
pleure pas petite carpe,
Je suis toujours là.
Ils passent tous en seconde l'année prochaine
et quelque soit leur itinéraire futur,
je suis fière d'eux.
Ce sont des ados à la jolie mentalité.

Le chômage à mon âge, c'est quoi ?
Un râtage, un plantage, un cafouillage ?
Pas trop envie de le savoir.
Je vais rebondir.
Retourner près des chiens ou rester dans
le monde des enfants, mais être utile !
Je ne peux pas travailler dans un monde d'adultes
où le rêve n'a plus sa place, où les mots sont trop durs.
Bon, j'ai peut-être l'air déprimé, mais je suis plus en état de choc.
Dans ce monde où on supprime des postes à tire-la-rigot,
des classes en veux-tu, en voilà, me voici dans le lot...
L'Education Nationale n'a plus de sous,
même pour un collège classé "ambition réussite"
où l'outil multi-média tenait une place importante...













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