Je suis la main romantique d'Eugène Delacroix,
La prolongation de son esprit contemplatif,
L'instrument guidé par son génie créatif,
Bientôt les crocs du lion dans la chair de sa proie.
Je suis la main poétique d'Arthur Rimbaud,
Qui caresse Verlaine aussi bien que les vers,
Qui crée le petit val où coule une rivière
Et qui meurt solitaire aussi bien qu'un ribaud.
Je suis la main musicienne de Mozart,
L'instrument de l'enfant prodige au teint blafard
Dont le Requiem sera son testament.
Je suis la main frêle et perdue de Marilyn,
Qui cherche une issue à sa vie chagrine
Et finit par l'entraîner vers le firmament.
Recueil "Les mains", 2006
Voici un poème que j'ai écrit il y a quelques années, parce que les artistes, musiciens, peintres, poêtes, mythes du
cinéma... me feront toujours rêver. Des être de souffrance et de sensibilité, torturés, ignorés ou adulés pour les mauvaises raisons, seuls, si seuls, et pourtant, si emplis de talent
!!!
Je
vous prête ma plume, pour m'écrire un mot...

Les miennes sentent bon la cerise.
Maman dit toujours qu'elles sont douces,
Papa, qu'elles font trop de bêtises.
Et je joue avec elles chaque jour.
Elles me barbouillent la frimousse
De chocolat noir que je savoure.
Elles coiffent et habillent mes poupées,
Elles font des anglaises à mes cheveux,
S'y retrouvant parfois bien emmêlées.
Souvent, quand Sébastien vient m'embêter,
J'aime qu'elles soient là toutes les deux
Pour me protéger et le repousser.
Les mains des frères sont inutiles,
Elles abîment, cassent et déchirent,
Elles n'aiment pas ce qui est fragile.
Maman dit que les miennes sont douces,
Frêles, telle de la porcelaine
Et roses comme des pamplemousses.
Recueil "Les mains", 2006

Elles glissent sur le bois ou le plâtre sculpté,
Sentent sous leur peau, la moindre rugosité,
Tremblent de doutes face à la fragilité
Mais toujours frissonnent devant la beauté.
Du bout de leurs doigts, elles voient Beaudelaire.
Par ses phares, elles touchent un oreiller de chair,
Devinent les fantômes déchirant leur suaire
Et les lacs de sang sous des sapins toujours verts.

Elles ont sous leur pulpe, bien des sensations.
Mieux que d'autres, elles savent l'observation,
La lente et sensuelle contemplation.
Elles ne connaissent pas l'hallucination.
Elles voient De Vinci et ses anges charmants,
Elles traversent les rayons d'hiver de Rembrandt.
De Watteau, elles se mêlent au bal tournoyant
Pour enfin se poser sur un sanglot ardent.

Sur ton visage, leurs doigts curieux t'effleurent,
Elles connaissent tes attentes et tes peurs.
Sur ton corps, leurs paumes découvrent la chaleur
Et ton être plonge dans une étrange langueur.
Recueil "Les
mains", 2006

à la communauté "Au fil des mots" d'avoir retenu ma candidature.
Que cette nuit venteuse vous soit douce.

Nous savons prendre vos visages
Et en récolter les larmes,
essuyer vos yeux si sages
Que peine, si bien désarme.
Nous nous posons sur vos cheveux,
Enfants tristes, âmes perdues,
D'un geste doux et gracieux,
tendre et plein de retenue.
Quand un être chèr disparaît,
Beaucoup d'entre nous se tendent,
Quand d'autres plus proches, voudraient
Se donner telle une offrande.
Nous étreignons vos épaules,
Nous serrons vos mains tremblantes,
Votre corps pris dans la geôle
D'une douleur enivrante.
Les poings refermés, nous cherchons
Comment soulager vos chagrins,
Et avec vous, nous partageons
Vos instants les plus incertains.
Recueil "Les mains", 2006

Avant d'être en âge de murmurer
Je les voyais s'agiter devant mes yeux.
Ces deux choses inconnues au goût savoureux
S'amusaient jour et nuit à me tenter.

J'ai compris qu'elles ne faisaient que m'obéir.
Lorsque je voulais jouer, elles jouaient.
Quand je voulais dormir, elles s'endormaient.
Elles répondaient au moindre de mes désirs.
Mes parents m'avaient longtemps protégée,
Mais la cloche de l'école, un jour avait sonné.
Elles avaient porté mon cartable bien rangé
Et mouché mon nez bien enrhumé.
Ce jour là, elles m'ont réconfortée
Devant tous ces enfants si cruels et moqueurs,
Ces êtres qu'on dit innocents et pleurnicheurs.
Ce jour là, elles m'ont dissimulée.
Elles m'étaient dès lors indispensables,
Plus que ma bouche ou mes yeux, câchés derrière elles,
Plus que mes pieds, bien rivés à la marelle.
Je cachais mon visage effroyable.
J'ai appris à connaître ma laideur
Et elles, ont connu leur nouvelle utilité.
Elles allaient entièrement me recréer,
Camoufler, sans effacer, mes erreurs.
Recueil "Les mains", 2006
Ce sera tout pour cette nuit les amis. Je commence à tomber de sommeil. "Il serait temps", me direz-vous, et vous auriez raison !
Vous dormez sans doute déjà tous.
Alors tendresse et amitié
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