Allongée nue sur un
rocher,
Diablesse née du désir d'un ange
Usé par une vie d'oisiveté,
Las des barreaux de sa
cage.
Torturée,
elle se veut troublée,
Entière, elle ne peut que s'offrir,
Ravie par un
amant innespéré,
Elle vole tout ce plaisir.
Ignorant la douleur sur son dos nu,
Naufragée d'un lourd secret,
Frêle passagère émue,
Insouciante maîtresse sans regret,
Découvrant son corps désobéissant,
Elle retient ses soupirs,
Lointains, si présents pourtant.
Elle a si bien appris à les contenir.
Charnelle douleur sur sa peau,
Ô combien sordide et
éphémère.
Usure cruelle de ses idéaux,
Péril en la
sorcière.
Agenouillée près du bûcher,
Brûlante au souvenir des
caresses
Laissées dans un tourbillon d'ivresse,
Elle fait face à sa
destiné.
A Manu, parce qu'on était fous, 2005
Par geraldine
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Je ne suis plus qu'un tas de tristesse,
Un vieux jouet oublié dans un coin.
Mon regard a beau fouiller les recoins,
Partout, la pénombre m'opresse.
Mes yeux vitreux n'ont plus de larmes,
Elles ont séché sur mes joues glacées.
Porcelaine fragile de poupée
Qui à tes pieds dépose les armes.
Mon corps de pantin, désarticulé,
Se souvient encore de tes mains
Gourmandes et si pleines d'entrain,
A présent dans tes poches, bien câchées.
A Manu, 2005
Par geraldine
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J'ai écrit ce poème en tentant de me mettre à la place de l'autre, celui qui souffre, que je quittais après dix ans...
C'était la première fois que je m'adonnais à cet exercice périlleux mais...
On ne peut écrire la souffrance de l'autre, si on a pas soi-même souffert. N'est-ce pas ?
J'ai envie de vomir, envie de m'avachir,
Oublier trahison, oublier ton nom.
Je ne peux plus réagie, je ne veux que mourir
Noyé dans mon bourbon, saoûlé par le houblon.
Sans toi, je vais en baver, sans toi, je vais crever.
Aujourd'hui tu me quittes, douleur subite !
Je me sens humilié, je suis atrophié,
Existence maudite que tes mots effritent.
Je croyais en nous, je crois que j'étais fou !
Tu n'étais qu'un mirage, tu es un marécage.
Et je m'enlise dans le flou de mon courroux.
Plus de bavardages, je ne suis plus que rage.
Ce soir je m'endors, demain je serai mort.
De ma putain de vie, par ici la sortie.
Je brûle le décor, j'oublis tous les accords.
2005
Par geraldine
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Cet été là, tu t'es abandonnée à lui,
Epousant sa vie de poète vagabond,
De musicien se jouant de la pluie,
Vivant de la générosité d'autrui.
Assis sur les galets, vos journées passaient,
Et le soir venu, d'une légère pâleur,
La lune, tel un ange, vous regardait,
Témoin solitaire de tant de douceur.
Lui, le Mohican orphelin, loin des siens,
Et toi, petite fille triste et perdue.
Tu lui as offert de recréer des liens,
Et lui t'a donné un amour éperdu.
Lui, le guerrier si souvent blessé, écorché,
Sûr de n'être plus que la moitié de lui-même,
Si certain de ne plus pouvoir engendrer,
Rejeté par les siens, accusé de blasphème.
Toi, qui a grandit dans les pleurs et le mensonge,
Si sûre d'avoir laissé passer ta chance,
Certaine à présent que ta vie n'est plus qu'un songe,
Après avoir laissé les tiens dans la souffrance.
Quel dieu a pu vous infliger cette farce ?
Cette épreuve supplémentaire et sordide ?
Quel dieu vous a cru assez forts pour faire face ?
Fallait-il qu'il vous croit à ce point candides !
Tu t'es sentie trahie, abusée par cet homme
Qui promettait ne plus pouvoir concevoir.
Les feuilles tombaient. Arriverait bientôt l'automne
Et ton coeur s'est fâné, condamné au mouroir.
Il s'est senti trompé, meurtri par ta froideur,
Troublé par l'arrivée prochaine de l'enfant
Dont il était certain ne pas être l'auteur,
Si sûr que de lui, tu te riais avec un amant.
La vie soudain, s'est mise à battre en ton ventre,
Comme pour répondre à une prière.
Un enfant a fait de ton corps son antre,
Et tu t'es sentie plus que jamais solitaire.
Ton shaman amoureux a repris son chemin
Parce que de ton existence tu l'as banni.
Tu t'es retrouvée seule avec ton chagrin,
Pleurant sur ce qui n'est plus que nostalgie.
L'enfant qui ne connaîtra jamais ses parents
Ne connaîtra jamais non plus, ni joie, ni peine.
Il s'en est retourné auprès d'un dieu navrant
Qui un jour, s'est joué d'une union bien saine.
A Choos le Mohican, en souvenir d'un été nomade, 1996
Par geraldine
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Les poèmes d'amour, c'est bien joli, mais la plupart des heures, ils expriment la douleur de
leur auteur.
Les poèmes d'amour, c'est bien mignon, mais la plupart des saisons, ils expriment la déraison ou la trahison de l'autre.
Bref, la plupart du temps, l'auteur se pose en victime, et non en bourreau. L'auteur est souvent celui qui souffre d'avoir été abandonné, et non celui qui souffre d'avoir abandonné... Et
pourtant, que celui qui n'a jamais fauté, qui n'a jamais quitté, n'a jamais fait pleurer, me jette la première pierre...
Que celui qui n'a jamais souffert d'avoir fait souffrir me prête parfois son coeur de pierre...
Je voudrais tant t'apporter les réponses,
Te donner mille et une raisons valables,
Justifier toute cette démence
Et ne plus être pour toi insaisissable.
Je voudrais ne pas être cette arme acérée
Traversant ton existence de part en part
Avec une cruauté inégalée,
Ne t'offrant qu'une solitude bien rare.
Je voudrais n'avoir été qu'une rature
Que tu puisses gommer d'un revers de la main
Sans qu'elle te laisse aucune blessure,
Comme le souvenir léger d'un refrain.
Je voudrais pouvoir effacer tes larmes,
Eteindre ta peine comme on souffle une chandelle,
Remettre à qui de droit toutes mes armes,
Redonner calme et paix à ta citadelle.
Cependant, mes prières resteront vaines,
Je serai l'objet de toute ta detresse,
Et de ton désespoir la souveraine,
Le démon incapable de tendresse.
Par geraldine
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