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  • : Mais non, vous ne rêvez pas... mon blog s'appelait précédemment gegekaro, mais j'ai du tout refaire car j'avais perdu pas mal de données... Rêver, c'est l'espoir, mais aussi parfois le désespoir. On essaiera de l'oublier celui-là...Il y a les rêves d'avenir, ceux qui font appel aux souvenirs, regrettés ou nostalgiques. Je m'efforce toujours de ne pas regretter. Bref, de rêves bien terre-à-terre. Mais il y a aussi ceux qu'on fait tout éveillé, parce que l'on est un rêveur compulsif, […]
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Rêves utopiques

Les phobies des autres

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Jeudi 28 février 2008

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C'est un des deux poèmes que j'ai écrit en hommage à ma grand-mère maternelle, Karoline. "La vieille", bien-sûr, ce n'est pas elle. Vous le comprendrez en lisant ces quelques lignes. Bonne lecture.

karoline.jpgUne photo de ma grand-mère, encore toute jeune.
C'est auprès d'elle que j'ai passé certains des plus doux moments de mon enfance.


Nous passions Orléans, et nous savions ma soeur et moi
Que le village du Loire et Cher n'était plus très loin,
Que nous retrouverions bientôt nos coins et nos recoins,
Souvent remplis de nos jeux, et parfois de nos effrois.

Un territoire bien à nous, baigné par mille odeurs,
Des lieux intacts depuis notre dernière visite.
Sous les placards et armoires, nos mégots illicites
Et les livres de notre oncle, cachés en profondeur.

Des parfums de cuisine innondaient toujours les pièces.
Nous humions, depuis notre grenier forteresse,
Les desserts à la pistache, mêlée de tendresse,
La blanquette et le riz collant, qui me mettaient en liesse.

Dans mon lit, la chatte mettait au monde ses petits
Et je me réveillais, ameutant toute la maison,
Effrayée, dans le noir, par cette curieuse livraison
Qui braillait dans un même choeur, criant son appétit.

Lorsque certains matins, il faisait froid et humide,
C'est sans plaisir que nous nous lavions dans le bac en zinc,
Mais quand il faisait chaud, c'était un jeu d'y prendre un bain,
Nous innondions tout, petites sorcières intrépides.

La grange, au fond de la petite cour, était un mystère,
Un endroit fascinant, parfois aussi terrifiant,
Nous servant de base pour des récits palpitants,
Ou de cachette effrayante et bien vite éphémère.

Il y avait, quand elle nous appelait, cet accent dur
Que nous, enfants, trouvions etrange mais si mélodieux,
Prononcé de son timbre rauque, parfois orageux
Quand nous arrivions sans y mettre bonne allure.

Karoline et sa vieille maison bicentenaire,
Sont le parfum intemporel d'une enfance heureuse,
La marque indélébile laissée sur ma vie rêveuse,
Un bonheur aussi simple qu'extraordinaire.
Num-riser0003.jpg
Ce joli village, c'est Bracieux, près de Chambord.

A mamie Karoline, 2006

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par geraldine publié dans : poèmes perso enfance et nostalgie communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 28 février 2008

En hommage à ma grand-mère
karoline--2-.jpgMa grand-mère, Karoline, et mon grand-père, Fernand, le jour de leurs noces.
Ils sont beaux et touchants.


La guerre était enfin terminée.
Depuis peu, tout était à reconstruire.
L'Europe avait été consumée,
Des vies entières étaient à récrire.

Venue de son Autriche natale,
Epouse d'un militaire Français,
Jeune Viennoise à l'accent musical,
La voici Parisienne désormais.

Trois enfants un peu perdus l'ont suivie,
Ont laissé derrière eux leurs racines.
Peu à peu, leur langue s'est endormie,
Ils ont oublié leur humeur chagrine.

Brigitte, l'aînée, n'oublierait jamais
Ni les rue, ni les valses de Vienne,
Elle resterait la petite Autrichienne
Qui a si bien su apprendre le français.

Franz, l'enfant au prénom germanique,
Apprendrait lui aussi à vivre en France,
Gardant les souvenirs nostalgiques
Des plus tendres années de son enfance.

La jeune Gabrielle quant-à elle,
Connaîtrait une seconde naissance.
Trop petite pour garder des séquelles,
Elle apprendrait la France avec aisance.

Karoline était comblée et bénie.
Ses enfants lui étaient reconnaissants
Pour cette douce et nouvelle utopie
Et pour son amour, toujours abondant.

Rodolphe est né quelques années plus tard,
Dernier présent d'un mari amoureux,
D'un père de famille plein d'égard,
D'un homme ayant voulu faire de son mieux.


Num-riser0004.jpg
Les voici, quelques années plus tard, toujours aussi beaux
dans leurs costumes Autrichiens.


A ma grand-mère Karoline, 2006

Num-riser0001---Copie.jpgQuelques années avant sa disparition,
dans sa vieille maison de Bracieux


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par geraldine publié dans : poèmes perso enfance et nostalgie communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mercredi 19 mars 2008

Matin câlin, au jardin tel un lutin
Où, tout doux, tu joues du caillou,
Navigateur de lueurs en couleur.


Généreux amoureux de cieux si bleus,
Renversant ravissement pour nous, enfants.
Apaisant moment qu'un chant envoûtant,
Nouvellement naissant, rend éblouissant.
Découvreur de fleurs, inventeur d'odeurs.


Promesse d'ivresse par temps de sagesse,
Erudit ravi, ami des écrits,
Relieur de saveurs et de mots qui fleurent.
Esthète et Maître des lettres.

Num-riser0011.jpg









C'est seulement le portrait le plus ressemblant d'un homme simple. Un homme qui aime tant les livres, qu'il leur a consacré sa vie, ses mains, ses yeux.
Un homme qui aime tant les mots, qu'il en ait peu qu'il ne connaisse.
Un homme si plein de savoir, et qui pourtant cultive comme personne, l'humilité sans s'en apercevoir.
Un homme qui a toujours tant aimé les fleurs, que pas un jour de sa vie, ma grand-mère n'en a manqué.
Un homme que je suis heureuse que mes enfants aient pour arrière grand-père. 
Un homme simple, simplement un homme, qui toujours, a fait en sorte d'être juste.
Un homme à qui je rends hommage.


par geraldine publié dans : poèmes perso enfance et nostalgie communauté : Au fil des mots
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Lundi 24 mars 2008

Ma maman est une des filles de Karoline, venue d'Autriche
il y a bien longtemps.
Ma maman est un petit bout de femme, 1m54,
debout sur de tout petits petons.
Comme elle est petite, elle aime les talons hauts.
Et trouver de jolies chaussures à talons en tailles 34-35, pas facile...
Ma maman, est une petite femme, mais une grande Dame
avec un coeur toujours plus gros qu'elle et souvent malmené.
Ma maman est aussi la maman de mes soeurs, et oui, que des filles...
Et comme notre maman est joliement petite,
nos venues au monde, à différentes époques,
ont toutes été programmées sur le grand livre des naissances
par césarienne...

Num-riser0008.jpg
Trois petites sorcières dansent autour du feu,
Trois diamants offerts, sertis dans trois roses bleues.
C'est ainsi que leur mère a fait un jour ce voeu :
Avoir trois lumières pour éclairer ces jours pluvieux.

La première fit à son tour ses propres voeux :
Faire taire le temps qui change tout en vieux,
Défaire l'amertume et ne garder que le savoureux,
Refaire les hommes sans conflits orageux.

La seconde fit à son tour ses propres voeux :
Une ronde de chances pour des jours heureux,
Un monde meilleur pour un avenir moins fievreux,
Un monde sans haine aux lendemains moins frileux.

La troisième à son tour, fit enfin ses propres voeux :
Regarder la Terre du plus haut des Cieux,
Faire de la guerre un souvenir silencieux,
Rendre à l'atmosphère un semblant de gracieux.

L'aînée n'eut que le pouvoir de garder la jeunesse en son sein,
La cadette n'eut que celui de s'offrir des secondes chances,
La benjamine, celui de voir la Terre et les étoiles du fond de son âme.

Et toutes trois tentèrent tant bien que mal, de répondre au souhait de leur maman.



Notre maman nous avait en effet offert, quand nous étions enfants,
ces trois petits diamants sertis dans des roses d'or, et non bleues,
que nous avons longtemps portées autour du cou.
Et puis, les années passent, l'amour reste, mais les bijoux se rangent
et finissent par s'égarer.

par geraldine publié dans : poèmes perso enfance et nostalgie communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 27 mars 2008

Tu n'étais jusqu'alors qu'un inconnu,
Je n'étais pour toi qu'enfant méconnue.
L'amour toujours, était sous-entendu,
Comme s'il nous avait été défendu.

Je t'ai détesté quand tu m'ignorais
Et quand tu m'humiliais, te haïssais.
Je t'ai méprisé pour ton absence,
Je t'ai accusé d'incompétence.

Aujourd'hui, tu m'offres ta présence,
Elle efface les incohérences.
Il n'est pas trop tard pour être ton enfant
Et le chemin semble assez engageant.


A mon père, 2005


par geraldine publié dans : poèmes perso enfance et nostalgie
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