
Trois larmes sur un visage charmanT
Roulent doucement, oubliant toute pudeuR.
Insoumises, dans un tourment inouI,
Sourdes compagnes des jours sombreS,
Tendres
amantes des mots nous torturanT
Elles nous aident à évacuer la peinE.
Souveraines mélancoliques de bien des nuitS,
Saveur salée mourant en nos
boucheS
Elles sont à tristesse, ce que sourire est à joiE
écrit en regardant un portrait de Marylin, 2005
Je vais à présent m'enfoncer dans mes draps. Douce nuit
par geraldine
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Certains ont des jardins secrets
Où il est prohibé d'entrer.
Moi, j'ai un jardin de secrets
Et chacun peut y pénétrer.
Il est perché sur une montagne,
Il a les pieds dans une rivière,
Il fleure bon l'air de la campagne
Et c'est un état sans frontière.
Il n'y a ni mur, ni porte,
Il n'y a pas de clôture.
Le vent est la seule escorte
Qui vous mène à ses ramures.
Si quelques fois, germent quelques drames,
Prenez une feuille d'arbre à mouchoirs
Et ne laissez pas couler vos larmes.
Rangez-les ce soir dans vos armoires.
Dans mon joli jardin bien vert,
Il y pousse aussi des rêves
Aussi succulents qu'un déssert
Dont on prélève la fève.
2005
par geraldine
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Si tu veux oiseau, prends ma main
Et envoles-moi au sommet de l'arbre le plus haut.
Poses-moi sur ses branches dénudées
Puis reprends ton envol.
Je te regarderai partir,
Et lorsque tu ne seras plus qu'un point sur l'horizon,
Alors, sans témoin, je m'allongerai sur ma branche
Et l'entourerai de mes bras.
Ainsi, doucement, les yeux fermés,
Je me fondrai dans l'écorce de mon hêtre,
Et sa sève finira par couler en mon être.
Plus personne ne me verra,
Mais je pourrai à loisir,
Veiller sur ceux que j'aime,
Sans avoir à me méfier d'eux,
Sans avoir à me défendre d'eux,
Sans plus rien attendre d'eux.
grand moment de solitude, 1995
par geraldine
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Pardonnez-moi mon Père, car j'ai péché.
C'était hier, il y a déjà si longtemps.
J'ai refusé la vie, qui en moi s'était nichée,
L'ai effacée, tel un malheureux contre-temps.
Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour moi,
J'ai envoyé près du vôtre, dormir mon enfant
Sans le bercer, sans lui faire entendre ma voix,
Sans le caresser d'un regard bienveillant.
A tous les Saints, je demande l'indulgence
Pour mon âme souillée par ses propres méfaits,
Pour cet infanticide fait sans influence
Et pour mes regrets absents et bien imparfaits.
A toi mon enfant, la chair de ma chair,
Quoi que tu fus, qui que tu fus, fille ou garçon,
J'adresse en retard tous mes remords de mère,
Je laisse les anges te dire mon expiation.
Au souvenir douloureux d'un été nomade avec Choos. Au souvenir nomade d'un été douleureux, 1996
par geraldine
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Dans la moiteur de la nuit, renaît le feu
D'anciennes braises étouffées, presqu'à l'agonie?
Léchant, fievreux, le bois dont il se nourrit,
Il grandit, se révélant impétueux.
Caressant la peau tendue de son tambour,
La voix du shaman s'élève dans un murmure,
Semblant venir à nous, vierge et sans armure,
Réchauffant nos coeurs, parfois flétris, souvent sourds.
Son chant envoûtant pénètre mon âme,
Ainsi que le feu embrase les cieux,
Et je me souviens de ces lourds adieux
A l'enfant qui n'aura jamais de larmes.
La mélodie se fait plus douce encore,
Le sorcier est dans une paix si profonde
Qu'il semble soudain hors de votre monde.
Et autour de lui, s'évanouit le décor.
A mesure que la flamme vacille,
Lentement, son corps se recroqueville
Ne faisant plus qu'un avec son instrument.
Le feu se meurt, la voix se fait silence, doucement.
souvenir d'une soirée chez ma soeur, 2005

Que la nuit vous soit belle et douce
par geraldine
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