
Nous savons prendre vos visages
Et en récolter les larmes,
essuyer vos yeux si sages
Que peine, si bien désarme.
Nous nous posons sur vos cheveux,
Enfants tristes, âmes perdues,
D'un geste doux et gracieux,
tendre et plein de retenue.
Quand un être chèr disparaît,
Beaucoup d'entre nous se tendent,
Quand d'autres plus proches, voudraient
Se donner telle une offrande.
Nous étreignons vos épaules,
Nous serrons vos mains tremblantes,
Votre corps pris dans la geôle
D'une douleur enivrante.
Les poings refermés, nous cherchons
Comment soulager vos chagrins,
Et avec vous, nous partageons
Vos instants les plus incertains.
Recueil "Les mains", 2006

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