
Elles glissent sur le bois ou le plâtre sculpté,
Sentent sous leur peau, la moindre rugosité,
Tremblent de doutes face à la fragilité
Mais toujours frissonnent devant la beauté.
Du bout de leurs doigts, elles voient Beaudelaire.
Par ses phares, elles touchent un oreiller de chair,
Devinent les fantômes déchirant leur suaire
Et les lacs de sang sous des sapins toujours verts.

Elles ont sous leur pulpe, bien des sensations.
Mieux que d'autres, elles savent l'observation,
La lente et sensuelle contemplation.
Elles ne connaissent pas l'hallucination.
Elles voient De Vinci et ses anges charmants,
Elles traversent les rayons d'hiver de Rembrandt.
De Watteau, elles se mêlent au bal tournoyant
Pour enfin se poser sur un sanglot ardent.

Sur ton visage, leurs doigts curieux t'effleurent,
Elles connaissent tes attentes et tes peurs.
Sur ton corps, leurs paumes découvrent la chaleur
Et ton être plonge dans une étrange langueur.
Recueil "Les
mains", 2006

à la communauté "Au fil des mots" d'avoir retenu ma candidature.
Que cette nuit venteuse vous soit douce.
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