
Si tu veux oiseau, prends ma main
Et envoles-moi au sommet de l'arbre le plus haut.
Poses-moi sur ses branches dénudées
Puis reprends ton envol.
Je te regarderai partir,
Et lorsque tu ne seras plus qu'un point sur l'horizon,
Alors, sans témoin, je m'allongerai sur ma branche
Et l'entourerai de mes bras.
Ainsi, doucement, les yeux fermés,
Je me fondrai dans l'écorce de mon hêtre,
Et sa sève finira par couler en mon être.
Plus personne ne me verra,
Mais je pourrai à loisir,
Veiller sur ceux que j'aime,
Sans avoir à me méfier d'eux,
Sans avoir à me défendre d'eux,
Sans plus rien attendre d'eux.
grand moment de solitude, 1995
par geraldine
publié dans :
poêmes perso divers
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