
Pourquoi obéir à la droiture
Quand il est si bon de s'en détourner ?
Pour quelques heures et sans blessure
Se laisser faire, ne plus douter.
Pourquoi suivre toujours le bon chemin
Quand d'autres plus fleuris nous séduisent ?
Pour un instant, sans penser à demain,
Se laisser être, bien à sa guise.
Pourquoi se plier à la bienséance
Quand celle-ci nous emprisonne ?
Pour un moment, accepter l'errance,
Entendre avec toi, nos coeurs qui déraisonnent.
Pourquoi accepter l'ordre moral
Quand il n'offre aucun lendemain ?
Pour une nuit, regarder les étoiles
Et les éteindre au petit matin.

par geraldine
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A tes questions, je réponds par mes silences,
Préférant la lâcheté
de la bienveillance,
Tout aussi cruelle que l'indifférence,
Au courage de t'infliger la souffrance.
Pour ton âme blessée, je ne suis qu'absence.
A toi, qui m'offris une vie d'abondance,
Je ne sais plus apporter que des apparences.
Il n'y a plus en moi aucune innocence.
A tes tourments, je ne suis qu'ignorance,
Laisses-moi t'apporter la délivrance.
Je ne suis plus que poussière d'existence
A laquelle tu offres trop d'importance.
par geraldine
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Les deux poèmes qui vont suivre, je les ai écrits comme une demande et une réponse.
C'est un homme d'un âge certain, qui fait sa cour à une très jeune femme, à qui il n'est pas indifférent, mais qu'elle se défend d'aimer, ne serait-ce que l'espace d'une nuit.
Le narrateur du premier poème, est donc cet homme d'un âge certain.
"Rêves un peu"
Vous qui êtes aussi fragile qu'éphémère,
Ne me restez pas cette nuit etrangère.
Prêtez-moi un instant votre main si légère
Et oubliez ce soir toutes vos chimères.
Acceptez un baiser près de la rivière,
Excusez mes manières cavalières
Et mes mots qui ne sont pas du Molière.
Je veux vous goûter toute entière.
Soyez de ma couche, fugace passagère
Et laissez-moi dénouer la lanière
Qui de votre vie, vous retient prisonnière.
Vous ne serez ni volage, ni légère.
Suis-je pour vous trop âgé, sans caractère ?
Je promets d'éteindre toutes les lumières.
Soyez quelque peu aventurière,
Oubliez mes cheveux blancs, mon air sévère.
Je veux contre vos seins comme une prière
Profiter de l'instant et sans manière,
Profiter de ces quelques heures légères,
Puisqu'au matin, elles ne seront que poussière.
Pardonnez mon insistance sans barrière,
Laissez-vous aller au rêve, sans oeillères.
Je prends pour un moment votre misère
Et vous offre de dépasser vos frontières.
Cependant, vous restez silence et mystère,
Vous laissant embrasser comme une écolière,
Parfois votre poitrine hospitalière,
Souvent votre conscience trop amère.

Le second poème est donc la réponse de la jeune femme désirée.
"Mademoiselle rêve"
Je ne suis pas de glace ou de pierre.
Vous désirant sans le dire
Mais voulant refléchir
Je m'enterre.
Vous prêter ma main ? J'en suis bien aise,
Le vôtre est chaude et bienvenue.
Je me sens ingénue...
Et mauvaise.
Embrassez-moi toujours et encore,
Vos lèvres sont si gourmandes
Que j'en redemande
Et c'est un tort.
M'allonger près de vous ? Je ne le peux.
Vous êtes bien trop empressé.
Je pourrais succomber
Mais je ne le veux.
Votre âge ou vos rides m'indiffèrent,
Je ne vois qu'un homme trop doux,
Un être sans courroux,
Ni même amère.
Reposez-vous contre ma poitrine,
Vos mains fraiches sur ma peau nue,
Je me sens obtenue
Mais chagrine.
Je rêve d'un amour parallèle,
De mon amant absent.
Alors, mes sentiments
S'entremêlent.
Etrange idée,
Impression coupable,
Mon désir insoutenable
Sera-t-il une fois de plus dissimulé ?
Mais que faire ?
Désirer un secret
Et être eprise d'un regret ?
Ou choisir de rester solitaire ?
Quel dommage
D'écouter sa raison
Lorsque l'on est que déraison.
Serais-je victime d'enfantillages ?
C'est sur ce tête-à-tête que je vous souhaite mes amis,
une nuit des plus douces.
par geraldine
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Je ne veux plus que tu m'obsèdes jour et nuit,
Je ne veux pas que tu te lasses ou que tu fuis.
Si on se donnait une date buttoir,
Un jour où finirait notre histoire.
Je veux qu'on fasse l'amour à Deauville ou à Paris
Sans se soucier de ce qui nous est permis.
Si on se donnait rendez-vous en un lieu,
Une forêt où on se ferait nos adieux.
Faisons-nous encore plaisir sans souffrance,
Taisons-nous si tu préfère le silence.
Choisissons bien la date et l'endroit où demain,
Se détacheront nos dermes et nos mains.
Un dernier ébat, les dernières caresses,
Nos corps qui transpirent, nos peaux qui se pressent,
Et dans un soupir, oserais-je me dire
Que le pire reste peut-être avenir...
par geraldine
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