J'ai écrit ce poème en tentant de me mettre à la place de l'autre, celui qui souffre, que je quittais après dix ans...
C'était la première fois que je m'adonnais à cet exercice périlleux mais...
On ne peut écrire la souffrance de l'autre, si on a pas soi-même souffert. N'est-ce pas ?

J'ai envie de vomir, envie de m'avachir,
Oublier trahison, oublier ton nom.
Je ne peux plus réagie, je ne veux que mourir
Noyé dans mon bourbon, saoûlé par le houblon.
Sans toi, je vais en baver, sans toi, je vais crever.
Aujourd'hui tu me quittes, douleur subite !
Je me sens humilié, je suis atrophié,
Existence maudite que tes mots effritent.
Je croyais en nous, je crois que j'étais fou !
Tu n'étais qu'un mirage, tu es un marécage.
Et je m'enlise dans le flou de mon courroux.
Plus de bavardages, je ne suis plus que rage.
Ce soir je m'endors, demain je serai mort.
De ma putain de vie, par ici la sortie.
Je brûle le décor, j'oublis tous les accords.
2005
par geraldine
publié dans :
poèmes perso amour
0
recommander

Pardonnez-moi mon Père, car j'ai péché.
C'était hier, il y a déjà si longtemps.
J'ai refusé la vie, qui en moi s'était nichée,
L'ai effacée, tel un malheureux contre-temps.
Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour moi,
J'ai envoyé près du vôtre, dormir mon enfant
Sans le bercer, sans lui faire entendre ma voix,
Sans le caresser d'un regard bienveillant.
A tous les Saints, je demande l'indulgence
Pour mon âme souillée par ses propres méfaits,
Pour cet infanticide fait sans influence
Et pour mes regrets absents et bien imparfaits.
A toi mon enfant, la chair de ma chair,
Quoi que tu fus, qui que tu fus, fille ou garçon,
J'adresse en retard tous mes remords de mère,
Je laisse les anges te dire mon expiation.
Au souvenir douloureux d'un été nomade avec Choos. Au souvenir nomade d'un été douleureux, 1996
par geraldine
publié dans :
poêmes perso divers
0
recommander

Cet été là, tu t'es abandonnée à lui,
Epousant sa vie de poète vagabond,
De musicien se jouant de la pluie,
Vivant de la générosité d'autrui.
Assis sur les galets, vos journées passaient,
Et le soir venu, d'une légère pâleur,
La lune, tel un ange, vous regardait,
Témoin solitaire de tant de douceur.
Lui, le Mohican orphelin, loin des siens,
Et toi, petite fille triste et perdue.
Tu lui as offert de recréer des liens,
Et lui t'a donné un amour éperdu.
Lui, le guerrier si souvent blessé, écorché,
Sûr de n'être plus que la moitié de lui-même,
Si certain de ne plus pouvoir engendrer,
Rejeté par les siens, accusé de blasphème.
Toi, qui a grandit dans les pleurs et le mensonge,
Si sûre d'avoir laissé passer ta chance,
Certaine à présent que ta vie n'est plus qu'un songe,
Après avoir laissé les tiens dans la souffrance.
Quel dieu a pu vous infliger cette farce ?
Cette épreuve supplémentaire et sordide ?
Quel dieu vous a cru assez forts pour faire face ?
Fallait-il qu'il vous croit à ce point candides !
Tu t'es sentie trahie, abusée par cet homme
Qui promettait ne plus pouvoir concevoir.
Les feuilles tombaient. Arriverait bientôt l'automne
Et ton coeur s'est fâné, condamné au mouroir.
Il s'est senti trompé, meurtri par ta froideur,
Troublé par l'arrivée prochaine de l'enfant
Dont il était certain ne pas être l'auteur,
Si sûr que de lui, tu te riais avec un amant.
La vie soudain, s'est mise à battre en ton ventre,
Comme pour répondre à une prière.
Un enfant a fait de ton corps son antre,
Et tu t'es sentie plus que jamais solitaire.
Ton shaman amoureux a repris son chemin
Parce que de ton existence tu l'as banni.
Tu t'es retrouvée seule avec ton chagrin,
Pleurant sur ce qui n'est plus que nostalgie.
L'enfant qui ne connaîtra jamais ses parents
Ne connaîtra jamais non plus, ni joie, ni peine.
Il s'en est retourné auprès d'un dieu navrant
Qui un jour, s'est joué d'une union bien saine.
A Choos le Mohican, en souvenir d'un été nomade, 1996
par geraldine
publié dans :
poèmes perso amour
0
recommander
Derniers Commentaires